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jeudi 19 avril 2018
mardi 4 juillet 2017
HABITAT TRADITIONNEL BASSA
TECHNOLOGIE DE L'HABITAT TRADITIONNEL CHEZ LES BASSA
Conçu sans l’apport de grands architectes diplômés, l’habitat
Bassa est considéré comme primitif. Ajouté à cela, l’utilisation des matériaux
peu résistants, et pourtant moins couteux et abondants, les
contemporains ont
trouvé autant de prétextes pour tourner le dos à notre style de logement au
profit des constructions importées.
ET C’EST UN AUTRE PAN
DE NOTRE CULTURE QUI A ETE ENSEVELI DANS LE CIMETIÈRE DU MODERNISME ET DE LA
COPIE DU MODÈLE IMPORTE
Mais les Bassa maîtrisaient la technologie de l’habitat. Les
maisons Bassa étaient de forme rectangulaire avec une toiture en deux pentes, faite
en nattes de raphia. Leurs matériaux étaient 100% empruntés dans la nature, ce
qui conférait à ces habitats, toutes les qualités écologiques nécessaires à une
vie humaine saine.
PEUT-ETRE MOINS CONFORTABLE, MAIS NOTRE DEVOIR DEVAIT
CONSISTER A AMÉLIORER NOTRE LOGEMENT.
L’une des preuves que nous avons pour démontrer que les
Bassa maîtrisaient la technologie de l’habitation est que le vocabulaire bassa
nomme chaque partie de la maison par un nom approprié sans emprunt aucun.
en dehors de :
-
Winda qui veut dire fenêtre qui vient de l’anglais
-
Falanda qui veut dire séjour
dimanche 2 juillet 2017
LES INTERDITS DE FUTURE MAMAN DANS LA TRADITION BASSA
VOICI QUELQUES INTERDITS QUE LES FEMMES BASSA DEVAIENT OBSERVER AVANT ET PENDANT LA GROSSESSE
Ainsi par exemple:
·
Il était déconseillé à une jeune femme de s’asseoir
sur une pierre ou sur un rocher, de peur que ses durées de travail lors des
accouchements ne fussent longues et pénibles.
·
Il était interdit à une femme de s’asseoir au seuil
de la porte de peur que son enfant reste bloqué au moment de l’accouchement
·
Il est déconseillé à une femme qi attend un
bébé, de se faire les tresses avec du fil à tresser, de peur que son enfant
naisse avec le cordon enroulé autour de son cou
·
Il est interdit à une femme d’avoir les
relations sexuelles sur un rocher, de peur de voir ses chances d’être maman diminuer
·
Il est déconseillé à la femme qui attend un bébé
de manger la viande des animaux à sabots de peur que son enfant ne naisse avec
le bec du lièvre
·
Il est déconseillé à une femme enceinte de lorgner
dans une bouteille ou un bocal de peur que son enfant ne naisse avec des yeux à
facette
·
Il est déconseillé à la femme de manger la
viande du corbeau de peur qu’elle ne saigne abondamment au moment de l’accouchement
samedi 17 juin 2017
LA COUTUME DE L’INTEGRATION DE LA NOUVELLEMENT MARIEE CHEZ LES FEMMES BASSA
BASÔG LO OU LES DERNIÈREMENT ARRIVÉES
La fille qui a quitté ses parents et son village pour se
marier, doit pouvoir s’intégrer dans un milieu qui lui est inconnu. Elle ignore
tout de sa nouvelle famille d’adoption. Pour son initiation, elle doit pouvoir
compter sur les autres femmes qui l’ont précéder. Son intégration engendrait
des devoirs envers celles qui sont arrivées avant elle, mais aussi des droits.
PAIEMENT DES DROITS D’AINESSE
(ORDRE D’ARRIVEE DANS LA
FAMILLE)
Les épouses de la famille, voire de la communauté les plus
anciennement arrivées, avaient des droits que les « nouvellement arrivées »
devaient scrupuleusement observer. L’âge ici ne comptait pas : ainsi une femme
de soixante ans qui venait d’entrer dans la famille était considérée comme une
jeunette pendant que la femme de vingt-quatre ans, dans ce cas précis, était
considérée comme une ancienne. Chez les femmes Bassa l’ordre d’arrivée était sacré.
La première venue avait droit au respect, à l’obéissance. La
nouvelle venue lui devait fidélité et soumission. Ceci se traduisait par des
actes d’allégeance simples mais d’une importance coutumière non négligeable. Ainsi
quand deux femmes devaient cheminer ensemble, la « nouvellement venue »,
quel que soit son âge, était tenue de porter le panier de la « premièrement
venue ». Certaines tâches telles que : casser la kola, partager la
nourriture… étaient réservées aux « Basog lo »
« Les anciennement arrivées » étaient servies en
priorité et devaient s’assoir avant les « dernièrement arrivées ». Ne
pas s’élever ou céder sa place à l’entrée d’une ancienne (nyôgôl) était
considéré comme un crime réprimé par une amande.
LE RITUEL DE « MANGER LA KOLA »
Une nouvellement arrivée, quel que soit son âge, n’était pas
autorisée à manger la kola sans l’autorisation de sa belle mère, ou de la
première épouse de son mari, ou simplement l’autorisation de l’épouse la plus
ancienne dans la famille. Une nouvelle venue qui était surprise à manger la
kola sans l’accord préalable de l’une de ces personnes s’exposait à une très
grosse amande. Et pourtant partager la kola avec ses coépouses était une étape importante dans l’intégration
de la nouvelle venue.
Pour avoir la permission de partager la kola avec ses belles
mères et coépouses, rien de très simple. Il suffisait à la nouvelle mariée,
nsôg lo (arrivée en dernier lieu) de se procurer d’une poignée de kola qu’elle
devait offrir à l’une des femmes qui l’ont précédée dans la famille
« nyôgôl wé » (sa belle-mère ou sa coépouse). Celle-ci avait alors le
devoir : de prélever un quartier de kola qu’elle donnait à la nouvelle
venue, et de partager le reste des kolas aux épouses de la famille. Après quoi
la nouvelle venue avait le droit d’acheter, de fractionner, de partager, de
recevoir, de donner la kola avec ses belles mères et coépouses de toute la
communauté. Par ailleurs elle obtenait le droit de recevoir les kolas d’une
autre épouse de la famille arrivée après elle.
Elle était l’objet de nombreuses tentations aussi longtemps
qu’elle n’aura pas acheté la kola. Ses coépouses et ses belles mères lui
donnaient alors la kola sachant qu’elle n’avait pas le droit si par oubli, elle
acceptait, toutes les femmes de la famille entraient alors dans une espèce de
grève, elle refusait de manger la kola, jusqu’à ce qu’elle paie l’amande
LES DEVOIRS DES ANCIENNES ENVERS LES NOUVELLES
A son arrivée, la nouvelle venue bénéficiait de l’encadrement,
de l’intégration, de l’initialisation de celles qui l’ont précédée dans la
communauté. Celles-ci lui servaient de guide, de boussole. Ses premières
semences lui étaient gracieusement offertes. Des jeunes chevreaux, des jeunes
poulettes lui étaient données dans un système tel que, sans en être vraiment la
propriétaire au départ, elle devenait gardienne de ces bêtes et plus tard, en recevait
alors, une ou plusieurs à chaque mise bas ou à chaque couvée ce qui lui
permettait de devenir propriétaire les
Bassa appellent ce système de faire de quelqu’un un future propriétaire « LISÔÔ.
POUR UNE DERNIEREMENT ARRIVEE, LA PRIERE ETAIT QU’UNE AUTRE
ARRIVE RAPIDEMENT DERRIERE ELLE DANS LA FAMILLE.
samedi 10 juin 2017
samedi 3 juin 2017
POURQUOI LA VIANDE DU RAT EST INTERDITE DE CONSOMMATION AUX FEMMES BASSA
Dans les coutumes Bassa, certaines viandes sont interdites à
la consommation des femmes spécialement lorsque celles-ci n’ont pas encore
atteint la ménopause. De génération en génération, cette tradition a été
scrupuleusement respectée, jusqu’à nos jours. Problèmes, les générations
actuelles ignorent pourquoi nos parents ont interdit la consommation de
certaines viandes à leurs filles. Nos règles n’ayant pas été écrites, nous nous
limitons de nos jours à faire des conjectures, des suppositions fausses les
unes aux autres. Certaines de nos femmes, « les têtes brûlées », de
leur propre chef, ont décidé de lever ces interdictions, quand ce ne sont pas
leurs maris qui ont fini par se convaincre que, c’est par égoïsme que nos ancêtres
ont interdit les viandes les plus succulentes.
Il n’en est vraiment rien car notre société ancestrale était
réputée pour son sens de partage. Les Bassa n’aimaient pas manger seuls. C’est
ce qui explique sans doute l’étendue de nos familles. Les familles bassa
étaient les plus larges, et seuls ceux qui aiment partager peuvent faire des
familles aussi nombreuses.
Je m’intéresse ici au
cas de l’interdit sur la consommation de la viande du rat
POUR QUELLE RAISON LES FEMMES BASSA NE DOIVENT CONSOMMER LA
VIANDE DU RAT ?
Observer l’image de la tombe ci-dessus : Cette tombe
abrite en son sein, une colonie de rats. Le rat est un animal qui vit sous
terre, et il est un sacré bon creuseur.
Du temps de nos grands-parents, les tombes n’avaient pas de
dalles et l’on ignorait le cercueil qui est un phénomène nouveau. Le rat avait
par conséquent donc toute la possibilité d’accéder aux corps déposés dans les
tombes. En plus d’être creuseur le rat, c’est connu, s’emparait (et continue à
s’en emparer) des ossements humains et les entreposait dans sa « cage » ;
il n’hésitait d’ailleurs pas à s’en servir comme barrière.
Or il est connu que les bassa ont une peur viscérale des
ossements humains. Chez les Bassa, seuls certains initiés ont le pouvoir d’en
manipuler et les femmes ne doivent jamais s’en approcher. C’est donc pour
protéger nos mères et sœurs que nos grands-parents les interdisaient la viande
du rat. Dans ma jeunesse, quand on préparait la viande du j’étais le goûteur
avant que la plat ne soit servi.
SAVIEZ-VOUS QUE LA VIANDE DU RAT EST INTERDITE DE
CONSOMMATION AUX HOMMES ?
Chez les Bassa, un futur père ne peut consommer le rat. De peur
de contaminer le futur bébé qui pourrait être de sexe féminin. Dans le village
quand on voyait un homme refuser d’en consommer, les uns et les autres
commençaient à supputer sur « l’Etat de santé » de son épouse.
mercredi 31 mai 2017
QUELQUES PETITS NOMS D'AMOUR QUE LES BASSA DONNAIENT A LEURS AMOURS
MÔY MA NGWEHA
Les Bassa ont connu et vécu des grandes histoires, à en juger par des surnoms qu'ils donnaient à leurs biens aimés, on peut en déduire que les Bassa étaient des grands romantiques.
lundi 29 mai 2017
LE CHOIX DE LA FIANCÉE DANS LES COUTUMES BASSA
LIKUN NGOND OU CHOISIR UNE FIANCÉE AVANT MÊME SA NAISSANCE
Tous les parents souhaitent voir leurs enfants réussir dans
la vie ; ou tout au moins devenir adultes. Cela se mesure par la qualité
des soins, de l’éducation qu’on les inculque et aussi par la qualité des legs à
eux faits. Chez les Bassa, un bon père entre autres legs, avait le devoir de
marier son fils : de lui choisir une épouse et de verser sa dot. Les bassa
appellent cette action de choisir une épouse pour son fils et de verser sa dot :
« LIUGUH (lire liougousse) »
LIHUGUH
C’est un vocable de la langue Bassaa qui vient du mot « LIÔK »,
qui voudrait dire avoir les relations sexuelles avec une femme. Chez les Bassa,
L’achèvement de l’encadrement d’un fils, quand on voulait faire de lui un homme
adulte, était de lui offrir la possibilité d’avoir ses premiers rapports sexuels.
Mais des rapports protégés dans un mariage. Un père qui n’offrait pas une
épouse à son fils avait failli à son devoir de père et n’avait donc pas
contribué à la continuité de sa famille ; car chez les Bassa, le mariage
était considéré comme le socle de la famille et de l’élargissement de la
communauté. Voilà pourquoi le mariage avait une importance capitale. Le devoir de trouver une femme et de la doter
pour son fils, pouvait s’élargir : ainsi, l’aîné d’une famille avait le
devoir de marier son frère cadet en l’absence de son père. Etre marié par son
père était un droit pour le fils. Quand un père venait à faillir à Ce devoir,
il pouvait être sûr qu’il aura à payer une amende très lourde à la communauté.
LE CHOIX DE LA PREMIÈRE ÉPOUSE
Chez les Bassa, C'étaient généralement les parents qui
choisissaient une fiancée pour leur fils. Pour les parents c’était un devoir alors
que pour le fils, c’était un cadeau dû par ses parents. Quand bien même le fils
par son propre choix devait par la suite prendre une ou plusieurs autres femmes, la première
épouse devait être le choix des parents.
- LES CRITÈRES DU CHOIX
Chez les Bassa les critères de choix pour une bonne épouse
sont entre autre :
Ø
LES CRITÈRES LIES A SA FAMILLE : Une bonne future
épouse doit avoir grandi notamment, auprès d’une mère: bonne épouse, bonne mère,
aimante, obéissante travailleuse, accueillante, charitable et surtout fidèle à
son mari.
Ø
LES CRITÈRES LIES A LA PERSONNALITÉ DE LA FUTURE
ÉPOUSE : les Bassa cherchaient d’abord une femme qui avait les aptitudes de procréer. La stérilité de la femme était un défaut qui n’était pas tolérée. Aussi
une femme qui ne pouvait pas donner naissance était exclue de la sélection (si
cela était connu avant le mariage). Ensuite, la future épouse devrait pouvoir justifier les mêmes qualités de bonne épouse que sa maman
Ø
LES CRITÈRES LIES AUX COMPLICATIONS RITUELLES :
une femme ayant le LIKAGI était exclue
Ø
LES CRITÈRES LIES AU PHYSIQUE : les Basa reléguaient
la beauté physique de la femme au dernier rang. Il faut reconnaître que les
filles Bassa sont indéniablement belles toutefois, un Bassa, choisirait d’abord,
dix fois plutôt qu’une, une épouse qui lui fait des enfants, une épouse travailleuse,
bonne épouse plutôt qu’une miss de beauté fainéante, stérile et frivole…
QUI POUVAIT CHOISIR UNE FIANCÉE
La plupart des choix des fiancées était faite par
procuration ou par recommandation : un parent lointain était chargé de
trouver la perle rare. Les Bassa croyaient fermement en cette façon de choisir une
épouse. Car une inconnue qui vit loin de nous, nous cacherait certainement
quelques ordures sous son lit. D’où l’expression Bassa qui dit :
« u
bii ngond ni libéé li ndjam i mbus, wèè mut woñ lihaa a bag bé nye bebel »
AUTREMENT DIT : « s’il vous arrivait de prendre une fille pour
épouse, et que celle-ci présente quelques défauts physiques ou moraux, sans nul
doute que dans son entourage, avant votre mariage, ne vivait aucun de vos parents »
« LIKUN NGOND »
Il arrivait qu’avant même qu’une fille ne naisse, qu’elle soit
choisie comme future épouse d’un garçon vivant ou attendu dans une autre famille,
cette façon de choisir une fiancée chez les Bassa s’appelaient « LIKUN
NGOND »
COMMENT CA SE PASSAIT?
il suffisait pour un homme qui rencontrait un femme enceinte de déclarer solennellement devant son mari:
" de cette grossesse s'il naissait une fille, celle-ci sera l’épouse de mon fils"
vendredi 26 mai 2017
LES SAISONS DE PLUIES EN LANGUE BASA’A
ET POURTANT,
les Basa'a maîtrisaient les saisons des pluies (et même toutes les saisons), qui leurs permettaient d'organiser leurs agendas. les basa'a savaient, avant l'arrivée des Blancs, précisément à quelle période de l'année démarrer telle ou telle activité, sans calendrier, seulement en se repérant sur le temps qu'il faisait, aux saisons.
VOICI LES DIFFÉRENTS NOMS DES PLUIES EN LANGUE BASA'A
1.
MI-JANVIER = NSAS MATJEL MA KEMBEL (Pendant les
fêtes de fin d’année, chaque famille abattait un animal pour célébrer l’événement ;
les premières pluies de janvier étaient supposées laver le sang versé par ces
bêtes)
2.
EN JUIN = HILONDE OU HIYÔN (fine pluie
intervenant généralement au mois de juin
3.
EN SEPTEMBRE = DIPOS (pluie, accompagnée de
tonnerre, interminable et intermittente, avec des périodes de répit pouvant
atteindre les 10 minutes), c’est la période des champignons appelés
« TJU », très prisés dans nos cuisines. Les Basa’a pensent que c’est
le grondement du tonnerre qui favorise leur poussée. d'où le nom de « sôñ dipos »
4.
EN OCTOBRE = BIÔÔM (en Basa’a öm veut dire faire
le bruit du genre d’un moteur de voiture ;
ÔÔM est une courte pluie d’une rare intensité qui dure à peine 15 minutes, qui
commence et s’arrête brusquement, et vous laisse la sensation d’un ronflement
de moteur, quand on est à proximité d’une forêt), d’où le nom attribué au mois
d’octobre en langue : « sôñ biôôm »
5.
DJOMOL LI ǸAMB, se dit d’une pluie très fine
tombant en gouttelettes pendant une assez longtemps, goutelettes qui font
penser aux chamailleries d’un harem, d’où l’appellation. (Querelle des épouses
d’un harem)
6.
NǸUMB NOB : se dit d’une pluie qui
intervient très tôt le matin, entre 06 heures et 08 heures, qui généralement ne
laisse pas la possibilité aux gens de vaquer à leurs occupations. c'est pourtant une petite pluie qui rapprochait alors les membres d'une famille, les voisins, qui, n'ayant rien à faire, se retrouvaient, se réchauffaient au coin du feu à discuter de mille et une chose en attendant que la puie s'arrête.
c
jeudi 18 mai 2017
LE CÉRÉMONIAL DU MARIAGE TRADITIONNEL CHEZ LES BASA'A
NDJALE LIBII

(photo cérémonies traditionnelles du mariage SM ONLA YEBGA le 21/12/1988)
Dans la société traditionnelle Basa’a, pour donner leur fille en mariage, la famille organisait un cérémonial traditionnel qui consistait à purifier la jeune mariée, à unir le jeune couple par leur bénédictions dans le mariage,
Cette cérémonie se déroulait en trois étapes :
1- Les jeunes mariés prenaient place (assis à même le sol),
au milieu de toute la famille réunie, et tous les membres de la famille
prenaient la parole devant eux
- Le plus âgé de la famille (mañ u litén), prenant la parole
en premier, invoquait les ancêtres et exhortait leurs esprits à parrainer et
patronner les cérémonies. Ensuite, il enjoignait tous les membres de la famille
à unir leurs volontés et surtout à dévoiler le moindre secret ou la plus petite
raison qui aurait amené l’un d’entre eux à se fâcher contre leur fille.
Il était entendu que, quiconque viendrait à garder secret,
un fait susceptible de nuire à l’épanouissement de la jeune femme dans sa vie
de mère de famille, aura à subir le courroux des ancêtres.
- Ensuite le père biologique de la jeune fille devait
déclarer solennellement donner sa fille en mariage
- Enfin tour à tour, chacun des membres de la famille,
(homme ou femme) défilait devant le couple, déclarant solennellement n’avoir
aucune moindre raison d’être fâché contre la jeune fille ou pardonnant une
éventuelle incartade que celle-ci aurais commise.
2- A l’aide d’une noix de Kola, le chef de famille
consultait les ancêtres pour s’assurer que la cérémonie du rituel a été un
succès
3- Après s’être assuré de la réussite de la cérémonie, il aidait
la jeune femme à s’élever, et l’après l’avoir bénie, il prenait sa main droite,
il confiait alors solennellement la garde et la responsabilité de sa fille au
plus âgé de la belle-famille. (Par ce geste solennel, le père de famille
indiquait à sa fille que, si, éventuellement, survenait quelque problème dans
le couple, c’est à ce monsieur (le chef de famille du marié) qu’elle (la jeune
femme), devrait d’abord s’adresser, car celui-ci devenait de ce fait, son père
dans sa nouvelle famille)
Dès lors, la jeune femme devenait coutumièrement membre de
l’autre famille, ne gardant que les liens de sang avec sa famille biologique.
Le cortège nuptial s’ébranlait alors, dans un concert des chants des cris de
joie.
IL EST A NOTER QUE, DANS LA COUTUME BASA’A :
a. Le rituel traditionnel du mariage, ne pouvait pas se
tenir avant le coucher des coqs (18 heures)
b. après le cérémonial traditionnel été achevé, le cortège
nuptial s’ébranlait vers le village de la belle famille ; les jeunes mariés
se devaient alors de marcher sans se retourner, jusqu’à ce que le cortège ait
traversé un cours d’eau.
lundi 8 mai 2017
LE JEU DE NGAMA CHEZ LES BASA'A
PLUS QU'UN JEU, UNE MÉTHODE D'APPRENTISSAGE DE MATHÉMATIQUES
LE BUT DU NGAMA
Le jeu de ngama est un jeu solitaire ou pouvant opposer deux
joueurs. Le but du jeu est pour Chaque joueur de franchir sans faute, les six
étapes qui constituent le processus. Un but « sép (qui voudrait dire
saison)» est marqué lorsque le joueur a achevé le processus. Le joueur adverse ne
peut entamer sa partie que si son adversaire a fait faute.
PRINCIPE DU JEU
Le principe du jeu de ngama est le suivant : le joueur,
par jet, dispose les cailloux sur l’aire
de jeu délimité par ses deux jambes, généralement sur un sol régulier. Et ensuite,
il choisit un des sept cailloux et le lance en l’air à peu près à une hauteur
de 50 centimètres, enfin, le rattrape après avoir prélevé, un ou plusieurs des
six cailloux encore disponibles sur l’aire de jeu
PROCESSUS DU JEU
. Étape une : le joueur doit lancer en l’air, six fois le septième caillou, le rattraper après avoir ramassé à chaque fois, un des six cailloux encore sur le sol
. Étape deux ; le joueur doit lancer en l’air, trois fois le septième caillou, le rattraper après avoir ramassé, à chaque fois, deux des six cailloux encore sur le sol
. Étape trois : le joueur doit lancer en l’air, deux fois le septième caillou, le rattraper après avoir ramassé, à chaque fois, trois des six cailloux encore sur le sol
. Étape quatre : le joueur doit lancer en l’air, deux fois le septième caillou, le rattraper après avoir ramassé en une fois, quatre des six cailloux, ensuite, deux des six cailloux encore sur le sol (ou inversement)
. Étape cinq : le joueur doit lancer en l’air, deux fois le septième caillou, le rattraper après avoir ramassé en une fois, cinq des six cailloux, ensuite, un des six cailloux encore sur le sol (ou inversement)
. Étape six : le joueur doit lancer en l’air, deux fois le septième caillou, le rattraper après avoir ramassé en une fois, les six cailloux sans laisser un seul, ensuite, les redéposer et finalement les ramasser une deuxième fois
RÈGLES
Le jeu de ngama demande beaucoup de discipline et de concentration. La plus grande faute consiste à bouger, même involontairement un caillou. Il est aussi strictement interdit d’oublier un caillou lors d’un « ramasser » un joueur qui bouge un caillou pendent qu’il ramasse les autres ou qui en oublie, est suspendu momentanément donnant la priorité à son adversaire de jouer
RETREINTE PÉDAGOGIQUE DU JEU DE NGAMA
Rappelons que, le jeu de ngama est un jeu pour enfants et adolescents dès l'âge de 5 ans c'est à dire à l'âge où ils apprennent à compter, à additionner et à faire la soustraction.
à chaque étape du jeu, le jeune joueur apprend, à l'aide de ses cailloux, à compter, à additionner, mais surtout à maîtriser toutes les combinaisons possibles pour trouver le nombre 6.
Un enfant qui joue au ngama, comprend aisément, plus tard,
qu’on peut permuter les termes d’une addition sans modifier son total
mardi 28 mars 2017
COMMENT GUÉRISSAIT-ON LE HOQUET CHEZ LES BASA’A?
En parcourant par hasard une revue de santé je suis tombé
sur un article qui parlait du hoquet et j’ai réalisé d’après les explications
scientifiques que la société ancestrale Basa’a, n’en était pas si éloignée
Voici ce que me disait la mère de ma mère à chaque fois que
j’avais le hoquet :
- CAUSES : manque d’air
- Traitement : avaler 09 gorgées d’eau en prenant soin de
les compter de 1 à 9 et à la neuvième gorgée prononcer la formule rituelle
consacrée:
« bôô hi lèlèg likaṅ »
« Le chiffre 9 est à la base de toute la science »
- Chez les Basa'a quand un malade avait un hoquet
récalcitrant, ceci était un mauvais présage et le hoquet recevait un autre
traitement plus approprié.
Ce n’est pas très génial me diriez-vous ? Mais même la
science moderne n’a pas fait mieux quant aux causes et qu'à la thérapie de mal.
LE NIVEAU scientifique de nos ancêtres était très développé
au point que seule l’absence des écrits de leur part ainsi que le désintérêt
affichés par les générations de leurs descendances nous empêchent d’apprécier à
sa juste valeur

dimanche 5 mars 2017
NGO NLAMAL MANDENG: LA FEMME QUI VOULAIT DEVENIR MBOMBOG

CHEZ LES BASA'A LE TITRE DE MBOMBOG EST EXCLUSIVEMENT MASCULIN
Cette histoire s’est déroulée il y a un peu plus d’un
siècle. Malheureusement notre histoire est mal connue de nous. NGO NLAMAL
MANDENG est sans aucun doute, la pionnière, parmi des femmes Basa’a, à
revendiquer les droits de la femme, ou tout au moins, celle qui pour la toute
première fois, s’est soulevée contre les injustices, la toute-puissance, la
suprématie de l’homme sur la femme. NGO NLAMAL MANDENG était une femme de
caractère, dotée d’un charisme inné, presque masculin. Elle était
financièrement et matériellement puissante et estimait dans ces conditions
pouvoir se rivaliser avec n’importe quel homme ; parce que d »après elle, outre
ce qui pend entre ses jambes l’homme n’avait rien de plus qu’elle. D’ailleurs,
comme certains de ses cousins, ce sont bien les hommes qui avaient quitté pères
et mères pour venir s’unir à elle… Rien de différent entre elle et ces animaux
à… C’est ainsi qu’il lui vint l’idée de se faire consacrer MBombog ; Elle
mit tout en œuvre et organisa une somptueuse fête. Le jour de la consécration
arriva. Les populations se réunirent ; les patriarches allèrent en conclave.
D’autres proposèrent lui donner le mbog à ses risques et périls. Nombreux, les
plus conservateurs se demandaient ce qu’ils pouvaient bien faire dans cette
galère. Après de longues tergiversations ils trouvèrent un terrain d’entente :
« cette effrontée de Ngo NLAMAL MANDENG qui se croyait tout permis, qui au lieu
de s’occuper de faire la cuisine et faire des enfants, osait penser être
Mbombog, quel sacrilège ! Dans quel monde ? Eh bien elle ne le sera jamais.
Mais ce sera à elle de tirer ses propres conclusions : il lui sera demandé de
réunir : Un chien avec les cornes Un coq albinos… NGO NLAMAL MANDENG ? MALGRE
SA PUISSANCE NE REUSSIT JAMAIS A REUNIR TOUT CECI. Et jusqu’à ce
jour, aucune autre femme n’a plus jamais cherché à se faire consacrer MBOMBOG.
Au fait, jusque-là, parce que bientôt, sans aucun doute, on finira par compter
les Mbombog femmes parmi nous ; car aujourd’hui, nos Mbombog sont prêts à tout, POUR
QUELQUES BILLETS
vendredi 24 février 2017
LIKWEE OU LA CIRCONCISION CHEZ LES BASA’A

(MBOMBOG SOM POM)
Le peuple basa’a est un peuple des circoncis. Les basa’a ont
une longue tradition de la circoncision.
Chez les Basa’a la circoncision constituait la première épreuve
initiatique d’un homme. C’était une épreuve d’endurance de virilité et de
machisme ; car pour les Basa’a, dès l’âge de huit ans, le jeune garçon devait
pouvoir se faire distinguer de la femme, entre autre, par son aptitude à
supporter la douleur. Un homme qui crie sous l’effet de la douleur ou qui pleurniche
était assimilable à une femmelette. Le jeune garçon devait donc être préparé
psychologiquement et physiquement à faire face à cette épreuve qui devait le
faire quitter de la catégorie « de femmes » pour le faire entrer dans
la caste des « hommes ».
« Si tu pleures c’est que tu es une femme.
« Voudrais tu qu’on dise de toi que tu n’es qu’une
femme ? »
« Il faut savoir qu’un homme ne pleure »
« Si tu pleures, tu feras honte à ton père et à toute
ta famille et les autres garçons diront que tu n’es qu’une fille et t’excluront
de leurs milieux »
Il était important pour le jeune garçon, d’affronter la
douleur sans crier
L’AGE DE LA CIRCONCISION
Le garçon pouvait facilement attendre 14 ans avant d’être
présenté chez le technicien de la circoncision. Pour tout dire le candidat
était déjà adolescent au moment où il devrait subir l’opération. La conséquence
de cette longue attente était que certains garçons, par peur justement de la
douleur, s’échappaient de leurs domiciles et partaient pour toujours afin d’éviter
cette épreuve. On a vu des hommes mourir "incirconcis" (NSUDE), CHEZ LES BASA’A, C’ETAIT
LE SUMMUM DU RIDICULE. Et quand votre entourage découvrait que vous étiez
incirconcis, vous étiez alors la risée de toute la localité les femmes allaient
même jusqu’à composer des rengaine de moquerie contre vous. A vrai dire il
était préférable d’être esclave, plutôt d’être incirconcis dans un village. Dans
certains villages, des quadragénaires ou même encore les plus âgés étaient
conduits manu militari à la circoncision
LES TECHNIQUES DE CIRCONCISION CHEZ LES BASA’A
Les techniques de circoncision ont évolué chez les Basa’a,
d’une génération à une autre. Dans tous les cas, la circoncision était
pratiquée sans anesthésie. Les basa’a considèrent l’anesthésie comme favorisant
l’impuissance ou génère, à plus ou môns long terme, des problèmes d’érectilité.
Entre autre, la faiblesse sexuelles chez les hommes. Pour une bonne virilité la
circoncision devait se pratiquer sans anesthésie.
LA CIRCONCISION SUR LA TOITURE : les circoncisions
des Basa’a des générations d’avant la dernière moitié du 20ème
siècle étaient pratiquées sur la toiture, au-dessus des cases d’habitation le
technicien des circoncisions s’installait sur une toiture, où les candidats à
l’opération devaient le rejoindre et redescendaient quand l’opération était
achevée.
LA CIRCONCISION AU DESSUS D’UNE PIERRE : de plus
en plus, à partir des années 40, la circoncision était pratiquée sur une pierre
que le candidat devait utiliser comme siège pendant l’ablation
COMMENT SE DÉROULAIT LA CIRCONCISION CHEZ LES BASS’A ?
Le candidat
s’asseyait sur la prière en maintenant son entrejambe ouvert face au
technicien. Le papa de l’enfant, ou un autre membre de sa famille, ou même
seulement un assistant, prenait place derrière le jeune garçon et le maintenait
solidement appuyé sur sa poitrine. L’une
des caractéristiques d’un technicien des circoncisions, était que l’ongle de
son pouce gauche devait être long d’au moins cinq centimètres.
Alors, d’un geste ferme, le technicien, de sa main gauche,
entre son pouce et son index, son ongle maintenant fermement le prépuce du
pénis, et à l’aide de sa main droite, qui tenait un canif tranchant, d’un geste vif empreint d’expérience, il
procédait à l’ablation du prépuce, dénudant du même coup le gland du pénis.
PANSEMENT ET CICATRISATION
Le premier défi était d’arrêter l’hémorragie ; pour ce
faire, l’on induisait la plaie de la terre rouge pétrie. Et, à l’aide d’une
feuille de « hibank » (une
espèce de plante épineuse de la forme d’un roseau), on fabriquait une espèce
d’entonnoir (voir image), dans lequel on introduisait le pénis du nouveau
circoncis en guise de pansement, pansement qu’on maintenait à l’aide d’une
corde nouée autour de la taille du malade. Dès le deuxième jour, le jeune
garçon devait perpétuellement, passer sa blessure sous la chaleur et la fumée d’un
tison, jusqu’à la cicatrisation.
RITUELS LIES A LA CIRCONCISION
Nous reprécisons que la circoncision chez les Basa’a avait
un caractère initiatique. Aussi, le jeune initié était-il être entouré d’un
certain nombre d’attentions d’une part, et recevait d’autre part, de nombreux
cadeaux de ses parents.
LE BANC DU NOUVEAU CIRCONCIS : du retour de la
circoncision, le jeune initié recevait un banc qu’il devait utiliser sans
partage, durant sa période de convalescence. Dans la maison, aucune autre
personne ne devait s’en servir. Afin d’éviter qu’un visiteur ne s’en serve accidentellement,
à chaque fois que le jeune garçon, était tenu, à chaque fois qu’il devait
s’élever, le cacher sous un lit.
LE COQ DE LA CIRCONCISION (« KOP LIKWEE) : le
jeune garçon recevait de sa maman, un coq comme cadeau. Mais ce coq avait une
signification particulière : ce présent, représentait la reconnaissance de
la maman que son petit garçon était désormais devenu un homme. Le coq était
donc son tout premier repas en tant que mâle car la prochaine étape pour son
affirmation en tant due homme était de se marier. Le coq était également la bénédiction de la
maman qui par ce geste, ouvrait une longue route de bons repas pour son fils.
Une femme satisfaite est une femme attentionnée.
mercredi 22 février 2017
I MBUMA: BAIN TRADITIONNEL DE VAPEUR MÉDICALISEE
traitement efficace contre la fièvre et le paludisme, nettoie la peau des impuretés

COMPOSITION:
- mbabi djôm
- nwandi tolè tjai di nwandi
- tjai di ben baèmb
- mbabi kôgmot
PRÉPARATION:
Dans une marmite pouvant contenir environ 40 litres
- mélanger écorces et feuilles sans les écraser au préalable,
- ajouter 35 litres d'eau
- marmite hermétiquement fermée, faire bouillir à grand feu pendant 45 - 60
minutes (de préférence sur un feu de bois), de manière à obtenir une rougeâtre.
MODE D’EMPLOI
- Faire passoire le malade sur un banc d'environ 20 cm de hauteur,
- placer la marmite bouillante venant directement du feu, sans l'ouvrir
- couvrir hermétiquement le malade de la tête aux pieds
- le malade peut alors découvrir la marmite
- rester sous la couverture pendant environ un quart d'heure
- reprendre une fois ou deux maximum
PRÉCAUTIONS
- Eviter un usage prolongé ou régulier (la vapeur chaude dit-on, diminue le
taux des globules rouges)
- Ne pas utiliser chez la femme enceinte ou chez les enfants de moins de
5 ans
ACTION:
La peau sous l'effet de la chaleur humide de la vapeur, libère ses impuretés.
Grâce à la transpiration, les pores se dilatent et se débarrassent des toxines
qui s'y accumulent – particules de pollution, nicotine, résidus de maquillage,
détruit les vecteurs du paludisme.
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