jeudi 9 février 2017

LE LANGAGE DES NŒUDS DANS LA TRADITION BASA’A.(MATIN)

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LE LANGAGE DES NŒUDS DANS LA TRADITION BASA’A.(MATIN)

Pendant des générations avant l’apparition de l’écriture dans notre société, les basa’a ont parfois communiqué à travers les nœuds faits sur des feuilles de palmier, les nœuds dont la confection ou surtout l’interprétation nécessitaient une certaine initiation.
Pour convoquer un rassemblement des initiés du clan ou pour inviter son peuple à une manifestation le mbomgog le faisait au moyen des nœuds appelés : « matiṅ ».
1- NŒUD COULANT
Le nœud coulant est une convocation ou une invitation, un nœud coulant serré indique que l’événement auquel vous êtes conviés, comporte certaines difficultés ou complexité ou alors traduit une urgence. Le nœud coulant non serré, indique que la situation n’est pas désespérée.
2- NŒUD SERRE
Le nœud serré traduit une indisponibilité, une difficulté voire une impossibilité
3- NŒUD COULANT SUIVI D’UN NŒUD SERRE ET TERMINE PAR UN NOEUD COULANT
Evoque q’une première tentative a échoué mais qu’il reste néanmoins une ouverture

4- PLUSIEURS NŒUDS FAITS SUR UN BRANCHAGE DE PALMIER
Des amants ou d’autres personnes liées dans une affaire quelconque pouvaient communiquer à travers les nœuds ainsi, sur l’image ci-dessous
- Le nœud serré de gauche veut dire : « je suis indisponible pour aujourd’hui »
- Les deux nœuds coulants de droite indiquent le nouveau rendez-vous : « dans deux jours ».
Chez les bassa’a, le tambour était utilisé pour transmettre des messages d’ordre général, ou intéressant toute la communauté alors que les nœuds étaient utilisés pour des messages d’ordre confidentiel.

LE CÉRÉMONIAL DU MARIAGE TRADITIONNEL CHEZ LES BASA'A OU (LITJAL LIBII)



LE CÉRÉMONIAL DU MARIAGE TRADITIONNEL CHEZ LES BASA'A (LITJAL LIBII)

Dans la société traditionnelle Basa’a, pour donner leur fille en mariage, la famille organisait un cérémonial traditionnel qui consistait à purifier la jeune mariée, à unir le jeune couple par leur bénédictions dans le mariage,
Cette cérémonie se déroulait en trois étapes :
1- Les jeunes mariés prenaient place (assis à même le sol), au milieu de toute la famille réunie, et tous les membres de la famille prenaient la parole devant eux
- Le plus âgé de la famille (mañ u litén), prenant la parole en premier, invoquait les ancêtres et exhortait leurs esprits à parrainer et patronner les cérémonies. Ensuite, il enjoignait tous les membres de la famille à unir leurs esprits et surtout à dévoiler le moindre secret ou la plus petite raison qui aurait amené l’un d’entre eux à se fâcher contre leur fille.
Il était entendu que, quiconque viendrait à garder secret, un fait susceptible de nuire à l’épanouissement de la jeune femme dans sa vie de mère de famille, aura à subir le courroux des ancêtres.
- Ensuite le père biologique de la jeune fille devait déclarer solennellement donner sa fille en mariage
- Enfin tour à tour, chacun des membres de la famille, (homme ou femme) défilait devant le couple, déclarant solennellement n’avoir aucune moindre raison d’être fâché contre la jeune fille ou pardonnant une éventuelle incartade que celle-ci aurais commise.
2- A l’aide d’une noix de Kola, le chef de famille consultait les ancêtres pour s’assurer du succès du rituel
3- Après s’être assuré de la réussite de la cérémonie, il levait la jeune femme, tenant sa main droite, il confiait alors la garde et la responsabilité de sa fille au plus âgé de la belle-famille. (par ce geste, le père de famille indiquait à sa fille que, si, éventuellement, survenaient quelques problèmes dans le couple, c’est à ce monsieur qu’elle (la jeune femme), devrait d’abord s’adresser, car celui-ci devenait de ce fait, son père dans sa nouvelle famille)
Dès lors, la jeune femme devenait automatiquement membre de l’autre famille, ne gardant que les liens de sang avec sa famille biologique. Le cortège nuptial s’ébranlait alors, dans un concert des chants des cris de joie.
ATTENTION :
a. Le rituel ne pouvait pas avoir lieu avant le coucher du soleil (18 heures)

b. la jeune fille devait marcher sans se retourner, jusqu’à ce que le cortège ait traversé un cours d’eau.

LELENA I LIKIL OU L’EXPÉDITION PUNITIVE DES PARENTS DE LA FILLES


QUAND LE MARIAGE N’ETAIT PAS FAIT DANS LES RÈGLES

Souvent chez les basa’a, il arrivait que deux jeunes gens qui n’avaient pas reçu la bénédiction de leurs parents, surtout des parents de la fille, se mettent quand même en ménage. Alors la famille de la fille, blessée, souillée, organisait une expédition dans le village de leur futur gendre pour un baroud d’honneur appelé LELENA I LIKIL 



COMMENT ÇA SE PASSAIT


A une date fixée par les deux tourtereaux, le garçon, qui se faisait parfois accompagner par un ou deux de ses cousins, se rendait nuitamment au village de la fille et à l’heure H, la jeune fille le rejoignait quelque part et, ensemble, ils repartaient tout aussi furtivement vers le village de son fiancé, qui allait devenir désormais le sien. On dit alors en basa’a :
« A NKE I M'BOM » (une expression déshonorant )
C’est-à-dire qu’elle est partie sans consentement des parents et surtout sans dot ni cérémonies de mariage. Chez les basa’a, des milliers de couples se sont ainsi formés.
Evidemment, si dans la famille du garçon c’était l’allégresse, car celle-ci venait de s’agrandir.
Dans celle de la jeune fille, le lendemain matin, quand on découvrait l’absence de la petite écervelée, les parents inquiets, devaient à tout prix retrouver leur fille. Après l’avoir localisée, la famille de la fille organisait alors  le lèlèña i likil c’est-à-dire « UNE EXPEDITION POUR UNE DOT FORCEE »

OBJECTIFS du LELENA LIKIL

Le lèlèña likil poursuivait 3 objectifs :
- Les parents voulaient s’assurer que leur fille était bien vivante, en bonne santé et qu’elle se trouvait effectivement au lieu indiqué (le savoir les rassurait et c’était un moindre mal)
- Les parents de la fille voulaient Infliger des représailles à la famille du garçon : pour leur montrer leur mécontentement pour leur faire payer tout le mal que celle-ci les a imposé en enlevant leur fille. Chez les Basa’a, prendre une fille sans consentement de sa famille, n’était pas considéré comme enlèvement. Pas dans le sens de la loi de nos jours.
- Les parents de la fille devaient Nouer des relations avec la famille qu’a choisie leur fille car malgré que cette façon de prendre la fille d’autrui en mariage sortait de l’ordinaire, chez les basa’a c’était connue et acceptée.

COMMENT SE PASSAIT LE LELENA LIKIL ?

Des jeunes hommes robustes, du village, réputés pour leur force de caractère et physique, cousins de la jeune fille, constituaient une équipe, et se rendaient dans le village où leur cousine « se cachait »
Arrivé dans ce village encore « ennemi », nos expéditionnaires se lançaient alors dans une opération d’extermination des animaux domestiques dans le village ; ils massacraient alors toutes les bêtes qui croisaient leur chemin, sans distinguer à qui appartenaient celles-ci. Ils devaient causer le plus grand nombre de dégâts possible, jusqu’à ce que la famille qui cachait leur cousine , vienne engager des pourparlers avec ces « enragés ».
Les faire accepter un siège, était le plus compliqués ; quand ceci était fait et qu’ils s’étaient calmés, la jeune fille pouvait alors sortir pour saluer ses frères. 
Pour calmer ces expéditionnaires, on faisait appel à un fin négociateur.
Commençait alors les pourparlers :
- Les faire accepter la kola et le vin de palme en guise de « cesser le feu »
- Fixer une date pour aller rencontrer la famille de la fille, afin de faire sa demande en mariage en bonne et en due forme.
- Présenter le futur époux de la fille à sa famille

C’ETAIT LA, UNE AUTRE FAÇON DE NOUER LES RELATIONS DE MARIAGE CHEZ LES BASA’A

Dès cet instant, bien que la dot n’ait pas encore eu lieu, les deux familles devenaient unies par les liens de mariage de leurs enfants

mercredi 8 février 2017

BALE KE I MA YE OU L'HISTOIRE DU MARGOUILLAT IMPRÉVOYANT


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C’est l’histoire de "NGÔDO" le margouillat, peu prévoyant, qui, la nuit tombée, allait se nicher sur le mur latéral  de la case. La nuit tombait, le froid descendait et frappait le margouillat de plein fouet. Notre ami, se maudissait de n’avoir pas pensé chercher du bois la veille, et se promettait que le lendemain aux premières lueurs de l’aube, « j’irai chercher du bois afin de ne plus avoir à souffrir du froid la nuit prochaine ». 

Le matin arrivait, avec lui les premiers rayons bienfaisants du soleil. Notre compère présentait le dos au soleil, décidé à en profiter au maximum, oubliant d’aller couper du bois.

Très vite, la nuit revenait, avec elle, le froid hivernal, à nouveau, le margouillat se maudissait de n’avoir pas coupé le Bois…
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EN LANGUE BASA'A

Kiki kokoa i nkwo, ngôdô a bèt li bab li ndap a naǹal. Kôb i kèna bé hilôba libèè, mbuge lihèp  i kahal kôb manon. Kii lihèp libéb nyè, ngôdô a nôgda bisaha, bi sune nyè ni lihèp, a tam lè bale me yi la ki mè tjab tjéé yani ; ngôdô a kooda, ndi a kit lana lè : « bale mè yè kèl, yani bi kekla, tutu, ni masai i bôbôg, mèga pule i tjab nyule lihèp li nlôha ». kii kèl i yè, hangal hi pule pam. Kii hangal i béb ngôdô a nog linè lihangal, a hôya kôgôl ya kwoo, a kida i nohop hangal, a hôya lihèp. U i ba i kèǹèg, lihèp li témb lisôh, ngôdô a témb a kahal tam hiéé…

DERRIÈRE LE BONHEUR Ou l’histoire d’une fille qui épouse deux frères (Authentique)

KALLA, benjamin d’une famille humble dans un petit village Basa'a (une tribu du sud du Cameroun, prend une jeune fille Eton (autre tribu du Sud du Cameroun) pour épouse et la ramène au village, comme la plus part des mariages de nos jours, sans consentement des parents, ni dot, sans acte de mariage. Mais, de nos jours, un mariage est un mariage, dès lors que la fille prend ses affaires et s’installe chez vous. Aucune loi ne l’interdit.
Mais ne voilà-t-il pas que deux jours seulement après son arrivée, la jeune fille reprend ses cliques et ses claques et va s’installer dans la chambre d’un autre garçon, BISE, qui n’était personne d’autre, que le grand frère de KALLA.
Et moi,  pauvre diable en ma qualité de chef de village, je suis appelé à démêler cette sordide histoire d’un grand frère qui détourne la fiancée de son frérot. Pour faire l’intéressant, je mets mon costume élimé de chef de village et décide de n’écouter ni l’heureux grand frère, ni le malheureux petit frère. Mais d’écouter la fille Eton, cette faiseuse de rois, donneuse de bonheur ou de malheur.
La fille arrive, je fixe sur elle mon regard le plus noir. Et je lui fais mon sermon de mauvais jours, histoire de lui faire peur. La jeune fille écoute mon « blablatage » et à la fin, s’adresse à moi avec un calme déconcertant, au regard de mon inutile grand bavardage :
« À NKUKUMA (chef), me dit-elle, je ne suis pas venue dans ce village pour provoquer la guerre entre ces deux frères. Je suis venue ici parce que ce monsieur là-bas (KALLA) m’a dit de venir en mariage. Et moi je suis venue. Le jour où j’arrive ici, on m’accueille bien on m’installe, la nuit tombée ; j’informe mon mari que je me sentais fatiguée et que, par conséquent, j’entendais aller me coucher. KALLA me répond Ok, avance je te retrouve. Arrivée dans la chambre, je m’installe sur le lit et je prends ma position féminine la plus provocante. Malheureusement, trois heures plus tard, mon mari n’avait toujours pas décidé à me rejoindre. J’attends, je tourne et me retourne sur le lit, je piaffe d’impatience. Toujours pas d’homme dans mon lit. L’homme était plus intéressé à raconter et à écouter des conneries qu’à venir me rejoindre au lit ». Elle s’arrête et lance un coup d’œil méprisant du côté de… l’homme.
« A une heure du matin, reprend-elle avec le même calme, le sommeil a fini par avoir raison de moi. Vers six heures du matin,   point de mari sur le lit. C’est qu’il est sorti très tôt pour aller saigner ses troncs de palmier. Le jour passe le plus lentement et le plus péniblement sans l’ombre de mon mari. Le soir venu, je décide d’utiliser la manière forte : j’amène mon mari au lit de force, et je lui fais savoir que j’entendais recevoir une partie de ce pourquoi j’ai quitté ma mère ». Un autre coup d’œil, cette fois-ci, méprisable. « Arrivés dans la chambre, le bon monsieur me fait savoir qu’il n’est pas poli de laisser ses cousins seuls. Je réponds tu vas d’abord me faire ça avant de sortir. En parlant ainsi, je prends son « ndjundju (son pénis) » entre mes mains. Je triture, je tords d’un côté, puis de l’autre…, rien mais rien du tout ; il n’y avait…rien, nada. Je me suis exclamé : « a na wam ma, mè tèl véé » (ma maman où suis-je ?). Chef à ce moment, j’ai refait, en pensées, tout le trajet qui m’avait conduite de mon village jusqu’ici. Surtout je me suis demandé, vais-je rentrer chez ma mère, ou allais je demeurer dans ce merdier ? Cette nuit-là je n’ai pas pu trouver le sommeil, pendant que le salaud ronflait, comme une vieille casserole. Comme à son habitude, "le bon à rien" est allé à ses troncs… c’est ainsi que, ce matin-là, pendant que je pleurais sur mon triste, sort BISE vient frapper à la porte et a commencé à me faire un brin de causette. Après quelque temps, ma curiosité  me décide à tester cet autre imbécile, histoire de voir si toute cette famille, n’était composée que de bons à rien. Nous voilà dans la chambre. Une petite claque sur le NDJUNDJU et vlan, le voilà comme un serpent qui dresse une tête belliqueuse et moi de m’exclamer : anhaa, naa hoo… après quoi, mon sac sur la tête, j’ai marché derrière le bonheur. Voilà tout. ».

A MA PLACE, QU’AURIEZ VOUS FAIT ?

LILAGLE LI YOL » OU LE TESTAMENT DU CRAPAUD

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Résultat de recherche d'images pour "ECUREUIL"Un jour, "hisénd , l’écureuil, alla rendre visite  à son oncle " yol  le crapaud". Arrivé chez son oncle il lui dit qu’il prévoyait s’absenter pour un voyage et qu’il pourra être de retour dès après demain.
Son oncle lui répondit : «  mon neveux, fais un bon voyage, mais, si un jour, il m’arrivait quelque chose d’inexpliquée ou que tu ne me retrouves pas, sache qu’il y a, tapi derrière ce tronc d’arbre, une créature qui m'épie en permanence. »
 A ce discours, l’écureuil vint se percher sur le tronc d’arbre et vit la vipère, menaçante, couchée derrière le tronc d'arbre.

Néanmoins, bien qu’inquiet, "hisénd" s'alla comme il l'avait programmé.
A son retour du voyage,  il revint voir son vieil oncle. Mais ne le trouva pas. L’écureuil, se souvint alors, des dernières recommandations de son oncle et déduisit que la vipère était l’auteur de sa disparition.
C’est depuis ce jour que l’écureuil s’acharne à accuser la vipère de la mort de son oncle
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Le NTJAGA MAEA (l’enquête traditionnelle sur les causes probables d’un décès), tourne généralement, autour des confidences que nous ont faites notre entourage. 
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VERSION EN LANGUE BASA'A

 Kèl yada, hisénd a ba ke likè ; ndi akè i tjôla nyandôm wé yol.
Hisénd, nye yol le : « nyandôm me ke liké malo nomal »
Yol a timbhe nye le: « nyandôm kènèg ; ndi to u nkob ha bé me, yom i yé hana i mbus nkog, i yéé i boǹ i nyongol djoo i bénge me : to nkob ha bé me wèè yo »
Hinsénd a bèt ngi nkog, a ba abéngège a tèhè péé i budi.
Hisénd a kè liké. Kii a nhuu a témb i kè i yéga nyandôm wé yol ; ki a mpam ndab yol a koba homa nso. A nôgda lè nyadôm wéé yol a nwo.
I bôdôl iyo kèl i nyèn hinsénd a bag a boma péé bikai, a bôdôl lond lè : « nye bé nunu, nyè bénunu… » i pam lè mut binam alo a nol péé, nye a nyodi bé