dimanche 12 février 2017

HYMNE NATIONAL DU CAMEROUN EN LANGUE BASA'A


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A KAMEDUN LIGWENE LI BA SOGOL BES.

(O Cameroun berceau de nos ancêtres)




LIBEN LI BISU (premier couplet)

A Kamadun Ligwéne li Basôgôl bés
Ngéda kwañ u bé kédé jiibe li ndim
Ndi hanano mapubi ma mbéyé bés
Ndék ni ndék di ga nyodi jiibe li ndim
Bon boñ ba pes likôl to kéndi mbog
Mabet, makundi homa nyensô
Ba ngwélél, ba mbégés ni gwés we
Ba nkum soñ i wél inyu jôl joñ

LINEBENE: (refrain)

Tigil loñ yés, loñ di mbégés
U yé masé ni masoda més,
Di ngwélél we ni ñem wonsô
Ni ti niñ yés le u témb kunde

MABEN MA YÔNÔS I MA: (deuxième couplet)

U yé soñ i het basôgôl bés ba nôyôi
Wom (u) yé le ba bôg bisu ba bi mal sal
Di sal ni ngui le u témb mapubi
Loñ Afrik i nlama témb kunde a bon
Ni i ke bisu hikii kel ni nsañ
Ni mahoñol le ngwélés yoñ i bon 
Ba ga gwés we letee mba ni mba





L’ESPACEMENT DE NAISSANCES CHEZ LES BASA'A





De nombreuse personnes pensent que la culture moderne a introduit le phénomène du contrôle de naissances dans notre communauté dite traditionnelle. Nous avons fini par nous convaincre que le Basa’a faisait des enfants en désordre. Et pourtant, le planning familial en dehors de ses implications économiques n’a rien de nouveau chez les Basa’a. 
LE BASA’A ET LA LIMITATION DES NAISSANCES
Dans notre culture, la reproduction est une grâce des divinités. Faire des enfants est une des missions majeures et divines de l’homme. La grandeur, la notabilité d’un homme se mesuraient par l’importance de sa progéniture. Le basa’a est convaincu que les ressources naturelles sont intarissables. Le sens de partage qui régit notre organisation sociologique autorise la naissance sans limitation. Chez les Basa’a, quand il y a pour un, il y en a pour tous. L’égoïsme, le refus de partager, le désir de disposer pour une minorité une grande partie des ressources, qui sont des spécificités de la culture occidentales, nous ont conduits à la conclusion fallacieuse selon laquelle, le coût de la vie milite pour une natalité raisonnable et « responsable ». On aboutit alors irrémédiablement au phénomène de vieillissement de nos populations et au risque d’assister un jour à la disparition de tout un peuple, faute de naissance.
L’ESPACEMENT DES NAISSANCES
S’il est de notoriété publique que le basa’a traditionnel proclame une large progéniture, il est tout aussi certain que notre culture traditionnelle en matière d’espacement de naissance, n’avait aucunement pas besoin des grandes trouvailles de la science occidentale.
  •      Des relations sexuelles n’étaient pas autorisées à une mère d’enfant avant au moins 24 mois après la naissance de son dernier né. Très souvent la femme était alors autorisée à se rendre auprès de ses parents pour les besoins de bercement de l’enfant mais la réalité était autre : les raisons de cet éloignement étaient d’éviter aux nouveaux parents, toutes tentations sexuelles
  •      La période de l’allaitement pouvait bien s’étendre sur parfois 30 mois. Il est scientifiquement prouvé aujourd’hui, que l’allaitement au sein, favorise l’espacement de grossesse.
  •      Avant toute relation sexuelle, la mère et le dernier né étaient soumis à des traitements qui devaient prévenir ce dernier d’un certain nombre de maladies, dont le « DJÔS ».

Dans tous les cas, chez les Basa’a traditionnels, entre deux naissances, au moins 24 mois étaient nécessaires.

jeudi 9 février 2017

HILUN HI MANGANDA OU LA LYRE TRADITIONNELLE CHEZ LES BASA'A

L'un des instruments de musique, les plus anciens chez les Basa'a un des plus importants peuples du sud du Cameroun; le hilun hi manganda.
chez les Basa'a, les joueurs de hilun hi manganda (Bakôt hilun hi manganda), sont considérés comme des griots chargés  de transmettre les traditions Basa'a, à la limites ce sont des poètes donc le rôle était de magnifier la qualité des Hommes, conter les épopées des grands hommes, chanter les louanges de son peuple. la musique du hilun manganda n'est pas faite pour être dansée essentiellement.




BITÔN BI YÔI OU COMMENT YÔI L'HYENE PERDIT TOUT EN VOULANT TROP GAGNER

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C’est l’histoire de la mère « yôi », l'hyène , qui, se promenant un jour d’été dans la brousse, trouva en bas d’un palmier, un régime de noix de palmier fraîchement coupé. Notre amie, friande de noix décide d’en prélever quelques graines. Arrivée à la case, elle sort les noix de sa gibecière, les place sous la cendre pour la cuisson. Et puis, en prend une pour goûter : les noix sont bonnes. Très succulentes même. « Quelle sotte je suis », se maudit l’hyène, pourquoi n’en ai-je pas pris un sac plein ? ». Je dois y retourner rapidement pour en prendre d’avantage. Décide-t-elle.
Arrivée sous le palmier, point de régime : le propriétaire était passé recupérer son régime. A contre cœur, notre amie rentre à la maison, bredouille. Mais, oh seigneur, comble des malheurs, les autres noix laissées sous la cendre, étaient toutes cramées, brûlées au point qu’il n’en restait que du charbon.

C’est pour cela qu’un proverbe Basa’a dit : A BOM BITOǸ BI YOI "braiser les noix de palme à la façon de l’hyène); se dit de toute personne qui a perdu de tous les côtés, en voulant tout gagner 

LE LANGAGE DES NŒUDS DANS LA TRADITION BASA’A.(MATIN)

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LE LANGAGE DES NŒUDS DANS LA TRADITION BASA’A.(MATIN)

Pendant des générations avant l’apparition de l’écriture dans notre société, les basa’a ont parfois communiqué à travers les nœuds faits sur des feuilles de palmier, les nœuds dont la confection ou surtout l’interprétation nécessitaient une certaine initiation.
Pour convoquer un rassemblement des initiés du clan ou pour inviter son peuple à une manifestation le mbomgog le faisait au moyen des nœuds appelés : « matiṅ ».
1- NŒUD COULANT
Le nœud coulant est une convocation ou une invitation, un nœud coulant serré indique que l’événement auquel vous êtes conviés, comporte certaines difficultés ou complexité ou alors traduit une urgence. Le nœud coulant non serré, indique que la situation n’est pas désespérée.
2- NŒUD SERRE
Le nœud serré traduit une indisponibilité, une difficulté voire une impossibilité
3- NŒUD COULANT SUIVI D’UN NŒUD SERRE ET TERMINE PAR UN NOEUD COULANT
Evoque q’une première tentative a échoué mais qu’il reste néanmoins une ouverture

4- PLUSIEURS NŒUDS FAITS SUR UN BRANCHAGE DE PALMIER
Des amants ou d’autres personnes liées dans une affaire quelconque pouvaient communiquer à travers les nœuds ainsi, sur l’image ci-dessous
- Le nœud serré de gauche veut dire : « je suis indisponible pour aujourd’hui »
- Les deux nœuds coulants de droite indiquent le nouveau rendez-vous : « dans deux jours ».
Chez les bassa’a, le tambour était utilisé pour transmettre des messages d’ordre général, ou intéressant toute la communauté alors que les nœuds étaient utilisés pour des messages d’ordre confidentiel.

LE CÉRÉMONIAL DU MARIAGE TRADITIONNEL CHEZ LES BASA'A OU (LITJAL LIBII)



LE CÉRÉMONIAL DU MARIAGE TRADITIONNEL CHEZ LES BASA'A (LITJAL LIBII)

Dans la société traditionnelle Basa’a, pour donner leur fille en mariage, la famille organisait un cérémonial traditionnel qui consistait à purifier la jeune mariée, à unir le jeune couple par leur bénédictions dans le mariage,
Cette cérémonie se déroulait en trois étapes :
1- Les jeunes mariés prenaient place (assis à même le sol), au milieu de toute la famille réunie, et tous les membres de la famille prenaient la parole devant eux
- Le plus âgé de la famille (mañ u litén), prenant la parole en premier, invoquait les ancêtres et exhortait leurs esprits à parrainer et patronner les cérémonies. Ensuite, il enjoignait tous les membres de la famille à unir leurs esprits et surtout à dévoiler le moindre secret ou la plus petite raison qui aurait amené l’un d’entre eux à se fâcher contre leur fille.
Il était entendu que, quiconque viendrait à garder secret, un fait susceptible de nuire à l’épanouissement de la jeune femme dans sa vie de mère de famille, aura à subir le courroux des ancêtres.
- Ensuite le père biologique de la jeune fille devait déclarer solennellement donner sa fille en mariage
- Enfin tour à tour, chacun des membres de la famille, (homme ou femme) défilait devant le couple, déclarant solennellement n’avoir aucune moindre raison d’être fâché contre la jeune fille ou pardonnant une éventuelle incartade que celle-ci aurais commise.
2- A l’aide d’une noix de Kola, le chef de famille consultait les ancêtres pour s’assurer du succès du rituel
3- Après s’être assuré de la réussite de la cérémonie, il levait la jeune femme, tenant sa main droite, il confiait alors la garde et la responsabilité de sa fille au plus âgé de la belle-famille. (par ce geste, le père de famille indiquait à sa fille que, si, éventuellement, survenaient quelques problèmes dans le couple, c’est à ce monsieur qu’elle (la jeune femme), devrait d’abord s’adresser, car celui-ci devenait de ce fait, son père dans sa nouvelle famille)
Dès lors, la jeune femme devenait automatiquement membre de l’autre famille, ne gardant que les liens de sang avec sa famille biologique. Le cortège nuptial s’ébranlait alors, dans un concert des chants des cris de joie.
ATTENTION :
a. Le rituel ne pouvait pas avoir lieu avant le coucher du soleil (18 heures)

b. la jeune fille devait marcher sans se retourner, jusqu’à ce que le cortège ait traversé un cours d’eau.

LELENA I LIKIL OU L’EXPÉDITION PUNITIVE DES PARENTS DE LA FILLES


QUAND LE MARIAGE N’ETAIT PAS FAIT DANS LES RÈGLES

Souvent chez les basa’a, il arrivait que deux jeunes gens qui n’avaient pas reçu la bénédiction de leurs parents, surtout des parents de la fille, se mettent quand même en ménage. Alors la famille de la fille, blessée, souillée, organisait une expédition dans le village de leur futur gendre pour un baroud d’honneur appelé LELENA I LIKIL 



COMMENT ÇA SE PASSAIT


A une date fixée par les deux tourtereaux, le garçon, qui se faisait parfois accompagner par un ou deux de ses cousins, se rendait nuitamment au village de la fille et à l’heure H, la jeune fille le rejoignait quelque part et, ensemble, ils repartaient tout aussi furtivement vers le village de son fiancé, qui allait devenir désormais le sien. On dit alors en basa’a :
« A NKE I M'BOM » (une expression déshonorant )
C’est-à-dire qu’elle est partie sans consentement des parents et surtout sans dot ni cérémonies de mariage. Chez les basa’a, des milliers de couples se sont ainsi formés.
Evidemment, si dans la famille du garçon c’était l’allégresse, car celle-ci venait de s’agrandir.
Dans celle de la jeune fille, le lendemain matin, quand on découvrait l’absence de la petite écervelée, les parents inquiets, devaient à tout prix retrouver leur fille. Après l’avoir localisée, la famille de la fille organisait alors  le lèlèña i likil c’est-à-dire « UNE EXPEDITION POUR UNE DOT FORCEE »

OBJECTIFS du LELENA LIKIL

Le lèlèña likil poursuivait 3 objectifs :
- Les parents voulaient s’assurer que leur fille était bien vivante, en bonne santé et qu’elle se trouvait effectivement au lieu indiqué (le savoir les rassurait et c’était un moindre mal)
- Les parents de la fille voulaient Infliger des représailles à la famille du garçon : pour leur montrer leur mécontentement pour leur faire payer tout le mal que celle-ci les a imposé en enlevant leur fille. Chez les Basa’a, prendre une fille sans consentement de sa famille, n’était pas considéré comme enlèvement. Pas dans le sens de la loi de nos jours.
- Les parents de la fille devaient Nouer des relations avec la famille qu’a choisie leur fille car malgré que cette façon de prendre la fille d’autrui en mariage sortait de l’ordinaire, chez les basa’a c’était connue et acceptée.

COMMENT SE PASSAIT LE LELENA LIKIL ?

Des jeunes hommes robustes, du village, réputés pour leur force de caractère et physique, cousins de la jeune fille, constituaient une équipe, et se rendaient dans le village où leur cousine « se cachait »
Arrivé dans ce village encore « ennemi », nos expéditionnaires se lançaient alors dans une opération d’extermination des animaux domestiques dans le village ; ils massacraient alors toutes les bêtes qui croisaient leur chemin, sans distinguer à qui appartenaient celles-ci. Ils devaient causer le plus grand nombre de dégâts possible, jusqu’à ce que la famille qui cachait leur cousine , vienne engager des pourparlers avec ces « enragés ».
Les faire accepter un siège, était le plus compliqués ; quand ceci était fait et qu’ils s’étaient calmés, la jeune fille pouvait alors sortir pour saluer ses frères. 
Pour calmer ces expéditionnaires, on faisait appel à un fin négociateur.
Commençait alors les pourparlers :
- Les faire accepter la kola et le vin de palme en guise de « cesser le feu »
- Fixer une date pour aller rencontrer la famille de la fille, afin de faire sa demande en mariage en bonne et en due forme.
- Présenter le futur époux de la fille à sa famille

C’ETAIT LA, UNE AUTRE FAÇON DE NOUER LES RELATIONS DE MARIAGE CHEZ LES BASA’A

Dès cet instant, bien que la dot n’ait pas encore eu lieu, les deux familles devenaient unies par les liens de mariage de leurs enfants